Critique :  LE MONDE   / 03.12.07


Superbe Suzy Solidor! Née avec le siècle (1900 ), morte au seuil des années branchées (1983), grande dame de la chanson française, avec le physique androgine, les moeurs libre et la voix profonde.


Elle était l'amie des peintres: plus de deux cents portraits la représentent  signés Foujita, Tamara de Lempicka, Bacon... Et l'amie des poètes. Elle les chanta, les dit (Hedmond-Haraucourt, Paul Fort, Prévert, Maurice Magre ... ). Bretonne, elle avait pris le nom de la tour Solidor de Saint Malo, avant de monter à Paris, protégée par sa compagne  l'antiquaire Yvonne de Brémond d!Ars.


Elle tint cabaret... D'abord la «Vie parisienne », ouvert en 1932 très fréquenté pendant I'Occupation, et où elle créa la version française de Lily Marlène. La ferveur des officiers Allemands lui vaudra de passer, a la Libération, devant le Comité d'Epuration des artistes. Privée de droits civiques pour cinq ans, elle ouvrira en 1954 un nouveau cabaret, « Chez Suzy Solidor » .


"Suzy Solidor, une vie d'amours", de Marie-Hélène Carbonel Incroyablement palpable, elle vit. Elle reprend des chansons de marins, de son pays, celles qui firent la gloire de son cabaret (La danseuse est créole, de Jacques Plante et Louiguy, chantée en 1950 pour Toiles et Etoiles"). Et elle interprète de façon singulière Le Parapluie de Brassens, Le Bateau espagnol de Leo Ferré, C'est à Hambourg empruntée à Piaf.


Du tango, de la rumba, du jazz, du style, de l'amour, de la vie et du plaisir: "Ouvre  tes bras pour m'enlacer, /Ouvre tes sens que je m'y pose, /Ouvre, aux fureurs de mon baiser /Ta lèvre rose! “

Suzy Solidor

  furieux baisers

Chronique de Denis Lemarié.

"Ils ont fait l'Île de France